Hergé n'est pas un exemple

Publié le par dago

    A l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Georges Rémi, le créateur du héros Tintin, les médias ont préféré mettre en avant le talent du dessinateur et le prestige mondiale que Hergé a attribué à notre petit pays.
Néanmoins, certaines personnes rappellent le passé peu glorieux du père de Tintin pendant la guerre que j'ai décidé de publier :

p12-herge-critique-livre---600-x-600-.jpgQuels exemples pour l’éducation de la jeunesse ?

Ces derniers jours nous ont apporté une nouvelle preuve qu’il est politiquement correct d’oublier le passé fascisant de certains mythes. Hergé fait partie de ces mythes.

 La Belgique vient en effet de lancer une série de timbres commémorant le centenaire de la naissance du créateur de Tintin. Le ministre Reynders, comme l’ensemble des médias, se sont félicités de cet hommage, sans bien sûr se soucier du passé plus que controversé du dessinateur collaborateur Hergé.

 Déjà, en décembre 2002, le Conseil municipal d’Angoulême (France) décidait de rebaptiser une rue du centre-ville du nom d’Hergé. Cette décision était une insulte à toute la résistance française et à Jean Moulin. C’était déjà un acte dans la stratégie de l’oubli.

 Hergé était un traître à son pays et un incivique notoire. Rappelons qu’Hergé a collaboré au Soir usurpé par les nazis durant la période 40-45. Rappelons que c’est un abbé qui a présenté Hergé à Léon Degrelle, chef du parti nazi belge. Rappelons qu’Hergé fut l’ami et le collaborateur de Paul Colin, rédacteur en chef du Nouveau Journal collaborationniste exécuté par des résistants (des terroristes ?) le 15 avril 1943 (la rue Arnaud Fraiteur à Bruxelles commémore le nom du résistant auteur de l’acte). Rappelons qu’aussi bien les Noirs que les Arabes ou les Juifs étaient les victimes des caricatures qu’Hergé présentait dans ses œuvres, caricatures expurgées par la suite.

 Voilà ce qu’auraient dû avoir en tête ceux qui ont inauguré ce monument angoumois comme ceux qui font la promotion de la commémoration du centenaire d’Hergé. À Angoulême au moins, le débat a eu lieu au Conseil municipal, les élus de gauche s’étant opposés à cette décision. Un des arguments avancés par ces élus permet de rebondir sur la façon honteuse dont on a fêté les 75 ans de Tintin, sans qu’aucun article de fond ne soit consacré au passé collaborationniste d’Hergé.

 Je cite le compte-rendu du Conseil municipal d’Angoulême daté du 18 décembre 2002 : « [le fait qu’Hergé reconnaisse avoir agi durant la guerre avec une certaine naïveté] ne l’excuse pas pour autant. D’autres avaient fait d’autres choix. Ils les ont portés jusqu’au sacrifice de leur vie. »

 Le même jour, le journal Le Grand Angoulême rappelait : « Le dessinateur [Hergé] a été condamné à deux années de privation de ses droits civiques et interdit, un temps, de publication. La notoriété (déjà) de ses personnages a joué pour sa défense. Certains de ses amis sont alors condamnés à mort, fusillés. »

 À quand une série de timbres valorisant le patriotisme des résistants fusillés pendant la période de l’occupation de 1940-1945 ?

Charles Van Besien, ancien combattant,
 ex-secrétaire de l’Amicale des Anciens Combattants de Laeken,
 membre honoraire,
 Laeken
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Cette lettre a été publié dans Solidaire, l'hebdomadaire du PTB. Je vous recommande ce livre "Les guerres d’Hergé" aux éditions Aden par Maxime Benoît-Jeannin. Il est en vente au PTB-shop.

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Kyliiolos 21/06/2007 23:41

Même si je reste "adepte" de tintin (en dépit du fameux "Tintin au pays des soviets"), j'ai été assez outré à la lecture de cet article qui constate qu'au delà de l'anti-communisme du personnage, se cache aussi des tendances nazis conséquentes que j'aurai eu du mal à soupçonner.
Au passage très bon blog, bon courage à sa continuation.