Fight club

Publié le par dago

fightclub.jpgLe film commence avec  :"Y a un adage qui dit qu'on fait du mal à ceux qu'on aime mais qu'il oublie de dire qu'on aime ceux qui nous font du mal".

J'ai vu ce film dont on m'avait tant parlé le week-end dernier. C'est le genre de film qu'on adore ou qu'on déteste, c'est à-dire qui ne rend pas indifférent et qui choque. Pour moi, c'est splendide et à la fois, je reste perplexe. C'est dans le même genre que Orange Mécanique (film culte de Stanley Kubrick) mais en plus drôle, plus cynique/ironique, plus perturbant, plus révolutionnaire, plus moderne et aussi personnelement pervers. Ce qui est sûr, c'est qu'on y trouve le même esprit d'extase de (auto)destruction.

L'histoire en deux mots, c'est un assureur (Edward Norton, j'adore de mec) qui s'enmerde et qui recherche le goût de la vie en fuyant la monotonie de son boulot. Souffrant d'insomnies chroniques, il va dans des centres d'aides mutuels (comme les Alcooliques anonymes ou chez les hommes qui ont subi les ablations des testicules) qui leur permettent de reprendre son sommeil. Mais il souhaite aller plus loin, avoir plus de montée d'adrénaline. Il rencontre alors Tyler Durden (Brad Pitt), un inconnu à la fois terroriste et anarchiste (dans le sens qu'il remet tout en question). Celui-ci lui partage sa philosophie qui constiste à croire que la recherche du confort est typique des faibles et que l'autodestruction ou bien mettre sa vie en danger donne un sens réel à la vie. C'est une thèse nihiliste dans le sens où la destruction est une forme de création.
C'est pour cela que, ensemble, ils vont créer d'abord un Fight Club. C'est un endroit où le but est de se battre à poing nus le plus simplement et le plus sauvagement qui soit. Ainsi ils montrent que mettre sa vie en danger va procurer plus de plaisir, d'adrénaline, que de s'acheter un nouveau meuble chez Ikéa.
Un autre exemple : Tyler va dans une épicerie, menace le jeune qui y travaille avec une arme et l'interroge sur pourquoi il travaille dans une épicerie. Le type dit qu'il a arreté ses études de vétérinaire parce que ça durait trop longtemps. Tyler leur répond :"Si tu n'as rien fait pour devenir vétérinaire dans six semaines, je reviens et je te tue." Ainsi il conclut que "demain matin, ses céréales n'auront jamais eu un aussi bon goût.".
Ce qui est plus révolutionnaire, c'est que après ils décident de se former en groupe très discipliné et très déterminé dans le but de détruire les rouages du capitalisme en faisant exploser les buldings de la finance et de la Bourse à la fin du film.
Tyler dit à un moment :"Nous sommes les enfants oubliés de l'Histoire. On n'a pas de but ni de vraie place. On n'a pas de grande guerre. On n'a pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle. Notre grande dépression, c'est nos vies." Je trouve cela juste dans un sens psycologique mais pour l'analyse de notre société, cela va plus loin. Notre guerre est matérialiste, c'est la lutte entre des classes sociales, entre les exploités et les exploiteurs.

On y trouve plein d'excellents messages comme "Je vend du savon. L'objet qui indique le degré de civilisation" ou bien  "Les choses que l'on possède finissent par nous posséder" qui s'adresse au fétichisme de la marchandise et à la futilité de la société de consommation. Ou bien, c'est plus sociologique comme "Nous sommes une génération d'hommes élevés par des femmes. Je ne suis pas sûr qu'une autre femme soit la solution a nos problèmes." ou "Comment peux-tu te connaître si tu ne t'aie jamais battu".

C'est un film d'une grande richesse. Chaqu'un y trouvera son message. Je le conseille à tous.

Avant le film, après le traditionnel "Warnig", on a droit à une lettre signé Tyler qui dit notamment :"Quittez votre travail commencez à vous battre. Prouvez que vous êtes en vie. Si vous ne revendiquez pas votre humanité vous deviendrez une statistique. Vous aurez été prévenu …"  C'est la conclusion que je retiens de ce film.fight-club-rire.jpg

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Adrian 03/07/2007 22:04

Ainsi que d'une quinzaine d'autres grandes marques dont particulièrement Ikéa... que le film critique férocement !

Je ne comprend pas bien ta logique. Il faut appeler un chat un chat. Le capitalisme, c'est Pepsi, c'est Ikéa, etc.. Tant mieux qu'on en parle dans un film comme Fight Club ! L'as-tu au moins, fieu ?

Clement 03/07/2007 21:55

Tellement anti capitalistes qu'ils font de la pub pour Pepsi...^^

Thomas 03/07/2007 19:45

Même si j'ai bien aimé Fight Club , Orange Mécanique est beaucoup mieux. On ne peut pas comparer le moyen Fight Club au splendide Orange Mécanque et par conséquent Fincher au génie de Kubrick.