Persepolis

Publié le par dago

persepolis200cover.jpg    Hier, j'ai été voir au cinéma (le Churchill à Liège pour ceux qui connaissent) Perseopolis.
C'est un vrai petit bijou d'animation ! C'est l'histoire formidable  d'une petite fille perse qui devient une vrai femme émancipée d'Iran. J'ai trouvé ce film très beau.
    J'y suis allée avec les pieds de plomb. Thomas (meilleur ami) et moi allions voir le film en nous attendant à pire. Mais c'est vraiment pas chiant pour un poil. On rit, on pleure, c'est plein d'émotions. On ne s'ennuie vraiment pas pendant une seule des 95 minutes de ce "dessin animé pour adultes".

    En bref, l'histoire commence avec un famille iranienne en pleine révolution islamique à Téhéran en 1978.  C'est ainsi qu'on rencontre Marja Satrapi, une petite fille de 8 ans pleine de rèves et d'illusion. C'est par ses yeux qu'on découvre le passage historique de la Perse antique du Shah (sorte de monarque absolu de droit divin soumis par les anglais) à la révolution populaire du peuple iranien reprise par après par les islamistes.
La famille Satrapi a beaucoup souffert du régime du Shah. Le grand-père et l'oncle, tout deux communistes, ont passé de nombreuses années en prison et en sont morts. En effet, dans le film, on relate beaucoup le rôle des communistes iraniens dans la résistance contre le Shah qui sont par après particulièrement traqués en Iran par les islamistes. J'ai d'ailleurs un copain coco iranien qui est également au parti.
L'oncle qui aime profondement sa nièce lui parle également de l'échec de la petite république du Mahabad en Azerbaïjan, la seule expérience d'un état Kurde (je me suis renseigné dans un Manière de voir spécial Iran). C'est par après qu'il devient communiste et qu'il rejoint Toudeh, le parti communiste iranien aujourd'hui interdit.

    Mais ce n'est pas non plus un film qui critique l'Iran à mort et qui voit l'Occident comme une idylle. Lorsque Marja va passer sa scolarité en Europe à Vienne, il lui est arrive de dormir dans la rue et, lorsque sa grand-mère lui demande si c'est mieux que l'Iran, elle dit :"Bah, tu sais, tu peux crever dans la rue, tout le monde s'en fout".

    On parle également beaucoup du marché noir. En effet, la musique, l'alcool et les cartes à jouer étaient interdit par les Mollahs (chef religieux dirigeant le pays). Alors on voit le père devenir viticulteur amateur et Marja découvrir le Rock'n'roll grâce à des vendeurs à la sauvette.

    Marja Satrapi n'est pas une de ses iraniennes bourgeoises et prétentieuses proche du Shah qui se sont réfugiés dans le petit tout-Paris et qui versent des grosses larmes de crocodilles devant les caméras d'Envoyé Spécial de France2 car elles n'ont plus droit à leurs énormes privilèges en Perse comme Shirin Ebadi.
    Non Marja Satrapi est une femme emencipée qui n'a pas sa langue dans sa poche comme dans une scène où elle courre après son bus et elle se fait interpeller par deux gardiens de la révolution qui lui dise :"Mais mademoiselle il ne faut pas courrir, on voit les formes de votre derrière, c'est indécent ..." et elle retorque :" Vous n'avez qu'à pas mater mon cul !". :-)persepolis-2.jpg

 

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