Ces derniers jours ...

Publié le par dago

IMG-0592.jpgDepuis que je suis revenu de Crète, je tourne de droite à gauche, je revois les amis et aussi pas mal de membres de Comac pour préparer l'année qui va venir. Cette fois, nous sommes dans un groupe bien soudé et dynamique prèt à faire plein de projets mieux que les autres années. Y a encore beaucoup à travailler, à réfléchir, à convaincre et à se convaincre soi-même. Je suis certain qu'on peut arriver à faire beaucoup de choses avec un groupe bien solide et que la jeunesse peut se reconnaître dans notre mouvement. Si ce n'est pas le cas, je considère que nous ne faisons pas bien notre boulot de jeunes communistes. Il y a tout à créer et à imaginer, il ne faut pas avoir peur d'inover et de construire. Comme disait un grand révolutionnaire, Danton, pour faire la révolution "il faut de l'audace, de l'audace et encore de l'audace".

Mais assez parler de ça. Y a quelques jours, je suis allé me faire une virée dans les bois avec un ami, Chris. On a déjà fait pas mal de coup foireux qui ont plus ou moins bien marché pour Comac comme entrer dans les classes de St-Luc en shmet pour faire signer une pétition. A l'aventure, une nouvelle fois, on est partit avec deux boîtes de thon et pas de d'ouvre-boîte pour installer notre tente dans un pré à minuit sous la pluit au hasard. On a même réussi à allumer un feu, avec des allumes-charbons bien sûr. On a rejoint des copains de Jupille qui revenait d'Irlande pour une nuit au pisagne entrecoupés de rap obligatoire jusqu'à cinq heures du matin. Ensuite dodo les pieds dans l'eau : horrible. On a fait ensuite un peu de sports en courant, en faisant des exercices et en terminant par un combat de boxe. On est rentré et on s'est offert un chinois. C'était vraiment gaî, y avait même des fruits des bois en abondance pour se barbouiller la panse.


Aujourd'hui, ça fait 57 ans que Julien Lahaut est mort. Avec des gens du parti, nous sommes allés nous recueillir, comme on dit, sur la tombe du plus grand communiste belge. La veille, les rescapés du PC sont venus déposer des bouquets de fleurs. Ils étaient moins de vingt mais il y a deux ans, il y avait eu bien 150 personnes.

LAHAUT-Julien.gifJulien Lahaut est un révolutionnaire qui a été de toutes les luttes sociales de l'entre-deux-guerres et même avant. Serésien, il a été à la pointe du combat des sidérurgistes des laminoires de la cité de fer. Lorsqu'il y avait des manifestations et des grèves nationales, c'était lui qui menait la cavalerie de Seraing. C'est le fondateur de la Centrale des Métallurgistes et des Mineurs. Avant l'invasion nazie, il a mené une grande manifestation des ouvriers du textiles de Verviers ainsi que la fameuse manifestation des 100 000. Il a également conduit une troupe sur l'ambassade allemande pour déchirer le drapeau hitlérien. Car Julien Lahaut, c'est un des antifascistes comme on n'en fait plus. Dés le début de la guerre, il a pris les armes contre l'occupant allemand en jettant les bases de l'Armée belge des Partisans. Prisonnier, il a été enfermé à Mauthausen, en Autriche. Un des camp de la mort que j'ai été visité avec l'école.
Il est surtout connu pour la fin de sa vie : lors de la Question Royale, lorsque le peuple belge était divisé entre le choix de la République et de la Monarchie pour succéder au Roi-collabo Léopold III, lorsque ce dernier a décidé de mettre le jeune Baudoin sur le trône et pendant qu'il jurait devant la télévision à la chambre des représentations, il fut interrompu par un voie stridente :"Vive la république !". Une semaine plus tard, on venait l'assassiner devant le seuil de sa porte à Seraing. Son enterrement rassembla 100 000 personnes et on fit grève jusque dans le nord de l'Italie pour protester comme cet assassinat.

Aujourd'hui, au centre de Seraing, cet ancien bastion rouge, trône la tombe gigantesque du président du
Parti Communiste Belge. Une statue de 4 mètres accueillent les visiteurs tandis qu'à l'arrière plan, des ouvriers et des ouvrières, du charbonnage ou du textilles, brandissent le marteau et la faucille. Aux pieds de la statue, des écriteaux frappés de l'emblème communiste, témoignent du succès passé du PC : le quartier, des mineurs, des sidérurgistes et d'autres travailleurs font part de leur deuil envers celui qui restera à jamais un exemple pour les générations à venir : un homme sincère, fier de ses convictions et prêt à tout pour le combat de la classe ouvrière.

Mainteant, bien peu de jeunes connaissent les luttes sociales passées et cela est volontaire. C'est aux parents et aux grands parents de rappeler aux jeunes qui étaient des hommes comme Julien Lahaut.

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