Devenir révolutionnaire, c'est naturel

Publié le par dago

Le vent se lève.
Voila un film à voir et surtout à comprendre pour devenir un citoyen révolutionnaire, pragmatique (qui s'inspire de la pratique, être conséquent) et dialectique (qui recherche la réalité d'une situation en prenant compte du cause à effet).

Le réalisme du réalisateur communiste Ken Loach a été bien sûr applaudi et en a ébranler plus d'un. Il a reçu la palme d'or à Cannes en 2006. Mais l'erreur en voyant ce film est de conclure "Quelle folie !", en voyant les deux frères révolutionnaires s'entre-déchirés, comme le fait très bien mon père, soumis à l'idéalisme petit-bourgeois (c-a-d des idées "humanitaires" portées par des observations évidentes d'une situation concrète sans prendre de décision concrète) qui l'oblige à débouler des phrases creuses comme "Aucune révolution ne vaut cela". Cela s'appele ne chercher ni cause ni effet à ce genre de problème.
En d'autres mots, c'est rester spéctateur et refuser d'être acteur de sa propre vie.


Ce richesse de ce film se révèle des situations problèmes-types lorsqu'une révolution est déclenchée. Elle se traduit dans le film par trois sortes de "problèmes sans solutions" (c-a-d qu'ils sont tous raison apparemment) qui oppose chaque fois deux façons de réagir à ces problèmes qui sont fausses ou incomplètes et qui mènent à la fin de toute espoir de continuer la révolution social après l'indépendance.

Pour ceux qui n'ont pas vu le film, celui-ci se déroule dans l'Irlande profonde des années'20 lorsque des paysans et ouvriers décident de chasser les Anglais de leur pays soumis à ceux-ci. Les évènements et les réactions qui suivent le meurtre injuste et cruel d'un proche sont les mêmes qui se déroulent et se dérouleront dans énormément de pays à cette époque.

Lorsque les révolutionnaires commencent à diriger des attaques contre les soldats anglais, ils vont se voir confronter à un premier problème que tout les révolutionnaires du monde connaitreront un jour : la disciple ou la mort.
Exemple : un ami d'enfance qui a rejoint la révolution trahit ses camarades sous la pression et le chantage. En sauvant sa vie, il vient de condamner douze camarades à la mort. Il pouvait avoir toutes les meilleures excuses du monde, cela ne change rien, ce comportement mérite la mort, aussi cruel et injuste est cette punition. Les résistants pendant la guerre ont fait la même chose (voir L'armée des ombres).
Ce point ne divise pas encore les révolutionnaires mais les obligent à rompre avec des attitudes de doux réveurs caractéristiques des chrétiens, libéraux et trotskistes.

La 2e situation-problème est ardue : les nouveaux tribunaux voulant appliquer la justice social se voient confrontés à un problème de vie ou de mort. Alors qu'une veuve illetrée se voit dans l'impossibilé de payer le loyer orbitant du propriétaire de sa maison, le tribunal se voit empeché de défendre l'exploitée car le bourgeois qui détient les loyés des paysans paient les armes des révolutionnaires. Que faire ?
Les révolutionnaires sont-ils à la solde du bourgeois et dépendent-ils de lui ? Ou bien essaient-ils de se mettre le bourgeois dans leur poche contre les anglais alors que la grande majorité des gros bourgeois soutiennent les impérialistes anglais ?
C'est une question de lutte des classes et donc à juger au cas par cas en se posant cette question : qui a l'avantage ? Les ouvriers ou le bourgeois ? Et quand est-ce que les ouvriers auront l'avantage, est-ce que ce sera différent ?
A cette question, je répond oui car si l'on doit faire la révolution pour instaurer le socialisme, on doit s'assurer d'abord d'avoir l'indépendance du pays dans ce cas et donc il est impératif de mettre un maximum de personnes dans son camp. C'est la question du front uni : les ouvriers et les bourgeois irlandais doivent-ils s'allier contre les bourgeois anglais ? C'est une question de "qui à l'avantage?".

La 3e situation-problème réside dans la réaction des révolutionnaires lorsque l'occupant veux négocier mais garder l'avantage (dans ce cas, que l'Irlande soit une espèce de sous-état autonome alors qu'il reste sous domination britannique).
Un critère que l'IRA (l'armée républiquaine irlandaise, la guerrilia qui mène et unifie la lutte pour l'indépendance) nie est d'être réellement démocratique, c'est à dire de lancer un débat chez ses membres : voici une première cassure sur la relation entre direction et base car celle-ci y est farouchement opposée (7 sur 10 sont contre le traité qui légitime la fin de la lutte armée).


connolly-james.gifAinsi deux lignes s'affrontent : des "révolutionnaires vendus", c-a-d des irlandais pret à collaborer avec les anglais et mener des réformes via un parlement sous la surveillance des anglais et des "ultra-gauche", des révolutionnaires qui continuent la lutte de façon anarchiste et irresponsable.
Dans les deux camps, il y a des positions justes et des positions fausses. Et aucune des deux ne parvient à établir le but ultime de l'IRA que s'est fixé un des fondateur de cette organisation, James Connolly, tué en 1916 lors d'une attaque ratée.
Celui-ci s'est très bien expliqué en déclarant devant une foule embrassée en 1913 à Dublin : "Si vous repoussez l'armée britannique, et hissez le drapeau irlandais sur le château de Dublin, il faudra organiser une République socialiste ou tout nos efforts auront été vains et l'Angleterre continuera à vous diriger avec ses patrons et ses institutions capitalistes et commerciales".

Cela se vérifie aujourd'hui. C'est à cause de l'absance de ce genre d'homme et sa conception du monde chez les révolutionnaires que l'Irlande est devenu un pays capitaliste, que l'IRA s'est réduit pendant des années à un groupe de sauteurs de bombes et que la lutte pour l'indépendance complète de l'Irlande (L'Irlande du Nord est toujours anglaise) s'est transformé en conflit catholiques/protestants.


J'ai compris énormement de choses grâce à ce film. J'espère qu'il en sera de même pour vous car ce genre de film peut faire comprendre à beaucoup de gens la necessité de faire la révolution.

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Irlandais 16/10/2007 07:38

Ce film a beaucoup augmenté mon respect pour les trotskistes depuis que j'ai appris que Ken Loach avait appellé à voter pour Olivier Besancenot et était proche de la IV Internationale.

Adri 12/10/2007 13:59

C'est juste, il est mort fusillé par les anglais après un coup d'état raté.

Ken Loach signe un très beau film. Je n'ai pas vu tout ses films mais on peut déja applaudir "Le vent se lève".

yannalan 12/10/2007 10:00

James Connolly n'est pa smort dans une attaque ratée, il a été fusillé par les anglais après la révolte de Paques 1916 où il dirigeait le contiongent de l'Irish Citizen Army.
Ken Loach est au moins très proches des trotskystes, y a qu'à voir "Land and Freedom"

Mega stal 29/09/2007 16:17

Ken Loach est un trotskiste anglais! Tu devrais avoir honte!

Safia. 10/09/2007 14:46

Tu dois pas te sentir insulté, la catégorie Escrocs, c'est des gens que je lis et pour qui j'ai un tant soit peu d'estime.
Sinon, non, on ne se connaît pas, je te connais de réputation, rapport au Comac, tout ça. On a discuté - ça va bien faire un an ou plus - via msn, vite fait. Et c'est tout.