Le meilleur des architectes est communiste

Publié le par dago

niemeyer.jpgOscar Niemeyer, c'est l'architecte le plus prestigieux et le plus productif que notre terre aie porté durant le siècle dernier. Il a dessiné les plans de plus de 200 réalisations dont tout le centre-ville de Brasilia (la nouvelle capitale brésilienne), le siège des Nations-Unis à New-York, l'université de Constantine en Algérie ou encore le siège du PCF à Paris.
Si il y a un nom d'architecte à retenir, c'est celui-là.

Mais Oscar Niemeyer, qui va avoir 100 ans, n'est pas seulement le plus brillant des architectes de notre époque, c'est aussi un engagement pour le communisme vieux de 1945. Il y a peu, il a donné une interview à un torchon de droite qui s'appele le Vif l'express dont j'ai repris une partie de l'entretien sur ce sujet :


Demeurez-vous fidèle à votre engagement communiste ?
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Evidemment. Et je peux vous dire pourquoi. J'ai la chance d'avoir eu des parents aimants et une enfance heureuse, mais j'ai grandi dans une famille et un environnement bourgeois, conservateurs, pleins de préjugés. Je n'avais que 6 ou 7 ans quand je fus choqué par la façon dont ma grand-mère s'adressait à notre bonne noire. Je crois que je suis né avec une aversion naturelle contre la bourgeoisie et ses privilèges. Lorsque je suis devenue adulte, j'ai rencontré des communistes, j'ai été immédiatement séduit. C'était les meilleurs personnes du monde. Des gens simples, idéalistes, qui prônaient l'égalité en toutes ciconstances et voulaient améliorer la vie des autres. Ils révaient de solidarité, vocable qui correspond à mon idée du bonheur terrestre. Je ne peux pas oublier, non plus, combien le peuple russe a été formidable au cours du XXe siècle. Hélas ! le monde s'est vite empressé d'oublier que l'URSS avait libéré l'humanité du nazisme.

niemeyer-g.jpgComment vous, l'amoureux de la liberté, pouvez-vous être l'ami de Fidel Castro, qui emprisonne des gens à cause de leurs idées ?
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Quelle chose admirable que la révolution cubaine : un peuple menacé des Etats-Unis qui se libère de lui-même. Peux-être croyez-vous que la révolution cubaine est terminée ? Mais une révolution est un processus continu qui ne termine jamais. Cuba ne peut pas s'offrir le luxe de voir surgir de nouveaux adversaires en son propre sein. Il faut rester vigilant. La lutte continue.

En 2000, le siège du Parti communiste français a été loué pour accueillir le défilé de mode de la maison Prada. N'est-ce pas, à vos yeux, scandaleux ?
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Cela n'a aucune importance. Cela prouve juste, s'il en était besoin, que les réactionnaires profitent toujours des moindres faits, aussi insignifiants qu'ils soient, pour critiquer les communistes.

Etes-vous riche ?
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Pas particulièrement. Avec Brasilia, je ne me suis pas enrichi. Je percevais un salaire normal de fonctionnaire de l'Etat. Et tant mieux ! Etant si mal payé, je me sentais tout à fait à l'aise, sans contrainte, pour faire ce que je voulais et engager ce que bon me semblait. Par la suite, dans mon cabinet d'architecte, j'ai toujours partagé mes revenus équitablement avec mes collègues, ce qui est normal dans la mesure où nous répartissons le travail. Disons que je suis suffisament riche pour m'occuper d'une grande famille et aider les gens dans le besoin, comme certains enfants de mes employés, dont j'ai financé les études.

Que pensez-vous du président Lula ?
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Lula est un crack, un expert. C'est un homme décent, honnête, qui se soucie du sort du peuple.

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