Tournoi d'éloquence

Publié le par dago

logo_eloq.JPGJe participe à un tournoi d'éloquence d'une prestigieuse athénée de Liège.
En faisant rire la salle, j'ai été repris pour la demi-finale. Au départ 32, nous sommes 12 et 6 seront repris pour la finale. Voici mon texte. Ma mère m'a filmé au caméscope et il y aurait peux-être moyen que je le mette sur Youtube, ce qui me permettra de le mettre sur mon blog. N'hésitez pas à me souhaiter bonne chance car ce sera vendredi prochain.

Mesdames, Messieurs, membres du Jury,
De nouveau, je vous souhaite le bonsoir !

Aujourd'hui, si je vous fais rire, ce sera bien malgré moi car c'est de notre ami Sigmund Freud que je vais m'inspirer. Mais bon, si je titille vos zygomatiques, ne vous gênez pas à les soulager bruyamment.
Freud donc disait "La politique  : métier impossible où l'on est condamné à décevoir."

Cette phrase est pour moi bien triste et également illusoire, je vais le démontrer tout à l'heure, mais elle a le mérite d'être le produit de l'époque de Freud, c'est-à-dire le début du XXe siècle et de la seconde révolution industrielle.

Mais si le Jury a décidé de la soumettre aux candidats, c'est que cette citation est actuelle et qu'elle est donc toujours le produit de notre société.

Freud vivait à une époque formidable. C'était le moment où l'on assistait au repli de l'aristocratie héréditaire et des seigneurs moyen-âgeux de l'Empire austro-hongrois face aux exigences légitimes de corporations de marchands ambitieux qui allaient construire une nouvelle société, basée sur l'accumulation du capital, au risque de voir déferler une vague révolutionnaire tels les événements français de 1789.

Mais nous aussi, nous vivons une époque tout aussi extraordinaire puisqu'on en vient à croire que, face à l'élite d'aujourd'hui, héritière de ces corporations mercantiles et de ces industriels usuriers qui monopolisent la richesse avec toujours autant de fausse légitimité que lorsqu'elle arrachait le pouvoir à cette noblesse d'autrefois, qu'elle a d'ailleurs si bien remplacé, la conservation et l'acquisition de programmes en faveur de la classe sociale qui produit cette richesse si inaccessible semble bien vaine et décevante.

Il m'en vient à me poser une série de questions de bon sens :
Pourquoi Freud trouvait la politique décevante ? Parce que la politique y est condamnée ?
Pourquoi Freud trouvait ce métier impossible alors qu'il vivait une révolution, puisqu'à son époque une classe sociale prenait le pas sur une autre ?
Est-ce que c'est parce que cette nouvelle société dominée parce qu'on appelle aujourd'hui la bourgeoisie était aussi injuste que la société des nobles ?
Il a peux-être fait cette déclaration après s'être rendu compte de l'absurdité pour laquelle 9 millions de personnes sont mortes lors de la Grande Guerre !

Je m'interroge : est-ce que c'est parce que mon pote Sigmund trouvait bien naturel que la politique devait idéalement correspondre aux besoins de ceux qui n'était ni nobles, ni bourgeois, je veux parler des exploités ?

J'ai peux-être compris : peux-être en fait que c'est notre société actuelle qui est condamnée à décevoir et qui rend l'idéal politique impossible. Diable, dans ce cas, j’en serais presque arrivé à croire que le capitalisme est un système limité.

Et pourtant, la politique, c’est quand même assez passionnant de la découvrir. On se sent un peu comme dans le film Amélie Poulain ou bien quand on finit par comprendre une équation mathématique lorsqu’on s’aperçoit du potentiel que détiens le cadre de la politique.
On se dit : Tout est possible. Oui, on peut changer le monde.
Balayer les imperfections, régler ensemble les problèmes, après tout, on nous répète que nous sommes en démocratie.

Vous l'aurez remarqué, c’est surtout quand on est jeune qu’on dit ça, ce qui provoquera chez les plus expérimentés, j'en suis sûr, une réaction comme « Li bien gentil li p’tit mamé, mais li tchose un peu trop pour que ce soit vrai ».
Le pire c’est que c’est une réaction juste. Ce n’est pas pour rien que les gens se désintéressent de la politique.
Le fait que les gens critiquent sans cesse les politiciens traduit plus qu’une déception mais bien d’une frustrante impuissance.

Cette société, et je suis aux regrets de le dire, n’a jamais pris la peine, l’habitude d’impliquer ses citoyens pour chaqu’une de ses déçisions de la même manière que ces assemblées populaires qui caractérisaient la mythique démocratie athénienne.

En ce cas, nous devons considérer que nous vivons dans un cadre étouffant et limité, je le répète.
Si nous voulons être conséquent, nous devons considérer alors qu’une nouvelle forme de société, plus juste, est indispensable.
Et là, je pourrai persister et signer : Oui ! Nous pouvons changer le monde !

Mais peux-être que je me trompe et peux-être alors aurai-je dû vous faire part de la même niaiserie sympathique que je vous ai servis la semaine passée. Il aurait été agréable, sans doute, que je vous dise que si le ski vous manque pendant l'été, pédaler à vélodans le centre-ville en évitant les passants ressemble à du slalome.

À vous de comparer la qualité !
Merci de votre attention et bonne soirée quand même !

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pauline 01/02/2008 17:05

felicitation, moi j'aime bien cette facon de voir les choses