Biographie précoce

Publié le par dago

En début d'année scolaire, on a dû faire un exercice de rédaction en Français : écrire sa biographie et le lire après à sa classe. Je me suis dit que ce ne serait pas une mauvaise idée de le retranscrire sur mon blog, preuve d'honnêté.

undefined    Je viens au monde le 8 mars 1990, le jour de la femme (férié dans les pays socialistes), en même temps que la dernière et triste décennie du deuxième millénaire. Et aussi de ma soeur jumelle, Sarah.

    Les premières années de ma vie furent difficiles pour ma santé, et donc pour le porte-feuille de mes parents. Entre mes six semaines et mon quatrième anniversaire, je passai sept fois sur le billard pour soigner des maladies dont seules ma mère se souvient du nom. Je me brûlai jusqu'à ce que la peau de mon bras devienne toute noire lorsqu'à un an et demi je renversai la casserole de soupe bouillante. A quatre ans, on dût me couper la cage thoracique pour soigner ma malformation cardiaque. Tout cela, mon corps en porte toujours les traces (à la gym, on me demande toujours si j'ai pas fait la guerre). J'oublie presque de dire que je suis né par césarienne et que je fus tout bleu pendant plusieurs jours.

    Les dix premières années qui suivirent furent celles de n'importe quel petit garçon. Parfois pénible, parfois heureuse, j'aimais de temps en temps rester dans mon coin pendant que les autres jouaient au foot. Je fis mon début des primaires à l'athénée de Waha puis à St-Véronique, une école qui m'a appris à travailler mais qui n'est en aucun cas épanouissant pour les enfants et les adolescants. Je continuerai mes secondaires dans le collègue jusqu'à ce que je rate ma deuxième. Je pris la décision de retourner à l'athénée de Waha. J'avais quartoze ans et j'allais découvrir et surtout comprendre Inconsciemment beaucoup de choses qui allaient déterminer mon mode de vie.

undefined    En 2004, comme tout les jeunes de cet âge, je découvris l'alcool, la cigarette et les vendredis soirs dans les rues du Carré. J'avais les cheveux longs, j'écoutais tout le temps Nirvana et j'appris à connaître le corps des femmes en sortant avec des filles plus âgés que moi (ma première copine à 13 ans avait 17 ans et la seconde 16).
    Un jour, en faisait les boutiques avec ma mère, mon regard fut attiré par la devanture d'une boutique. Un porte-clé qui avait la forme d'un visage évasif m'intriguait et je ne parvenais pas à retenir le nom du personnage. J'achetai le gadget (que j'ai toujours) et il me fascina : c'était Che Guevara et  ce ridicule porte-clé allait constituer l'élément déclencheur qui allait m'entraîner à rencontrer ce à quoi je décidai à consacrer ma vie, je parle de la cause du communisme.
    Lors de la fête de Noël qui suivit cet "évenement", ma mère m'offrit une brique de 500 pages sur la vie du Che. je découvrir un jeune homme qui allait à la rencontre du monde des pauvres. Ce médecin allait partager leurs exploitations jusqu'à ce qu'il décide avec d'autres camarades de détruire la société des riches pour construire celle de l'égalité.
Tout cela, je le compris bien plus tard. Mais j'allais rencontrer les gens, le mouvement, qui allait me permettre de structurer et de concrétiser mes pensée d'idéaliste à long cheveux.

     En venant à l'école un matin, un homme à bonnet distribuait des feuilles A4 qui finirent toutes à la poubelle. Toutes sauf une : la mienne. Le tract invitait les jeunes à une soirée cinéma pour visionner le récent film sur la jeunesse de Ernesto Guevara. Je n'eus pas la témérrité d'aller au rendez-vous mais je conservai le numéro de gsm qu'on me donnait  et découpai les photos de mon idole pour les coller sur ma farde. Plus tard, je contactai le numéro de téléphone. Nous sommes en mars 2005, je venais d'avoir quinze ans, il s'appellait Damien et je n'ai plus rater une seule des réunions.

    Je deviens rapidement un passionné et je participais à tout ce dont le groupe de jeunes révolutionnaires, Comac, décidais : concerts, soirées, rendez-vous, etc ... Je lus plusieurs livres, des pamplets d'auteurs vieux du siècle dernier : je ne compris rien du Manifeste du Parti Communiste. Mais alors que ma famille et moi parcourions l'Espagne en voiture au mois de juillet de cette année, je lus un bouquin qui allait me permettre de comprendre la base de la société dans laquelle nous vivons et comment s'en débarraser. Car elle était pourrisante et elle ne provitait qu'à une éternelle élite. L'auteur s'appelait Vladimir Illitch Oulianov dit Lenine et "L'état et la révolution" provoqua comme un déclic : je décida de devenir communiste.

undefined    Quelques mois plus tard, en octobre, Comac allait permettre aux jeunes idéalistes que nous étions de rencontrer la classe ouvrière lors des deux grèves nationales qui paralysèrent le pays. La première se déroula le 08/10/2005, et nous (un groupe de six) nous rendîmes dans les Hauts-Sarts, le centre industriel de Herstal.
A nos premiers piquets de grèves, nous rencontrions des amis d'un ami avec qui nous devirent amis autour de verres de vodka et de cafés.
Nous pratiquions ainsi ce vieux principe maoïste d'enquêter les exploités sur leurs conditions de vie : il était innacceptable de se soumettre au projet de la loi visant à allonger le temps de travail à 65 ans pour des ouvriers qui fabriquaient des tôles d'avions !
Lors de ce matin brûmeux, je fus témoin de la concrétisation de la solidarité (et surtout de la notion de dictature du prolétariat, un principal majeur du marxisme-léninisme) : la direction d'un grand magasin de distribution (genre Macro) refusait de faire grêve. Les ouvriers décidèrent tout naturellement d'imposer leur volonté contre celle de la direction propriétaire de l'entreprise. Avec cinq voitures, nous arrivons pour bloquer l'accès et nous nous trouvons face au service de sécurité et au refus de faire sortir les employés. Les ouvriers décidèrent d'appeler du renfort. Une demi-heure plus tard, une colone rouge et verte d'une centaine de syndicalistes chantant l'Internationale arriva et envahit le hall de la surface.
    Je raconte ce moment car il m'a beaucoup impressionner et consolida ma réflexion sur lutte des classes, la force du mouvement ouvrier et surtout mon rôle dans la société.

    Les deux années qui suivirent jusqu'à aujourd'hui me virent progresser dans ma formation de communiste et me permit surtout de me connaitre moi-même : je continuai à lire régulièrement, j'appris à diriger un mouvement de jeunes (je suis responsable d'un groupe de base de Comac depuis plus d'un an) ainsi que deux grèves d'écoliers (le 04/05/06 et le 18/01/07), je me rendis compte de l'importance du sport, je fis l'amour pour la première fois à seize ans, je continuai mes secondaires à Waha et je travailla l'été comme facteur.

    Si j'ai beaucoup parlé de mes convictions politiques, c'est parce que, depuis maintenant trois ans, d'abord dans rendre réellement compte, j'ai signé un contrat pour la vie : consacrer toute mon énergie à ce que je trouve juste.

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pauline 12/02/2008 15:16

tout le monde est passé par cet episode du "moi madame je n'ose pas lire mon texte devant toute la classe, c'est trop personnel'' ou a au moins une fois juré "tu savais qu'il fallait lel ire devant toute la classe, pourquoi t'a ecrit tant de choses alors?". C'est bien d'avoir des ideaux dans la vie, mais j'aurai bien aimé voir la tete de tes collégues avec tout ca...

Adri 12/02/2008 18:28

J'ai peur de ne pas bien comprendre ce que tu me dis mais de la manière dont je le perçois, et si je dois te répondre, c'est que je veux avoir une relation de confiance et de respect avec mes camarades de classe.J'aimerai également que tu comprennes que je n'ai pas simplement des idées qui sont arrivés dans ma tête en rêvassant :  c'est un mode de vie, une façon de vivre et de voir le monde.Tu sais bien que Waha est une école qui fonctionne en collectif, et non en individus : pourquoi crois-tu que les camarades de ma classe auraient été choqués par ce que je dis ?