A quoi ressemble une guerre ratée ?

Publié le par dago

Je parle ici de la guerre en Irak, la deuxième guerre du Golfe (ou la troisième si on compte la guerre Iran-Irak des années'80). Tout le monde le sait, maintenant, cette guerre ne rime plus à rien. Mais comment et avec quoi peux-t-on arriver à cette conclusion ? Synthétisons sous 2 aspects de ce conflit.
1° Politique
1.1. Les motifs de la guerre.
Il est maintenant indéniable que les motifs de guerre, c-a-d l'existence d'armes de destruction massives sous le régime de Saddam Hussein, sont faux. L'Irak les avait détruit lors des premières menaces des USA et les inspecteurs de l'ONU l'avaient confirmé. Les Etats-Unis sont donc en Irak pour faire du pays une base au Moyen-Orient pour servir leurs seuls intérêts. Ils peuvent ainsi attaquer et menacer les pays voisins. Un de leurs motifs étaient de stabiliser et de pacifier la région. C'est exactement le contraire qu'il se passe.
1.2. Les tensions ethniques.
Un des solutions qu'ont trouvé les USA pour justifier leur présence sur le sol irakien est de renforcer et de provoquer la haine entre les différentes communautés religieuses du pays (sunnite, chiite, kurde, chrétienne). Un exemple : Des espions anglais déguisés en miliciens de Moqtada Al-Sadr se préparant à faire exploser une voiture piégée dans un endroit publique en été 2005 !
Une guerre civile et une "balkanisation" de l'Iraq entrerait de toute évidence dans les intérêts des USA.
1.3. L'impopularité.
Plus le nombre de victimes augmente, plus cette impopularité se durcit. Le cinquième anniversaire de la guerre est marqué par la mort du 4 000e soldat américain. Si on ajoute la mort de 175 britanniques et de 133 membres des autres contingents (Espagne, Pologne, Australie, etc..), on arrive à 4 308 soldats tués depuis mars 2003. On peut ajouter près de 30 000 blessés, dont le tiers resteront infirmes.
Un spécialiste américain explique que le nombre de victimes des belligérants est un facteur car les quatre dernières guerres qu'à mener les USA (Koweït, Bosnie, Somalie et Haïti) ont coûté moins de 1 000 morts américains.

2° Économique
2.1. Le coût.
Selon une étude de Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie, et Linda Bilmes, de l’université de Harvard, le prix de la guerre d’Irak a été fortement sous-évalué par l’administration Bush. Dans une étude rendue publique le 9 janvier, ils ont estimé que son coût pourrait atteindre jusqu’à 2 000 milliards de dollars pour les États-Unis, si les troupes américaines restent jusqu’en 2010 en Irak, ce qui semble bien obligatoire aujourd'hui.
Mais ce chiffre est-t-il définitif ? Non. Une spécialiste explique que le majeure partie du coût de la guerre sera à venir car il faudra rembourser le prêt aux banques qui ont financé la guerre, renouveler les armes et les équipements usés par la guerre et aussi payé les pensions aux centaines de milliers de vétérans de la guerre.
2.2. La raison.
Même si l'économie américaine est plombée, cela va sans dire que le contrôle des puits de pétrole empêche celle-ci de subir une inflation générale, c-a-d une diminution énorme du pouvoir d'achat des américains et un endettement massif, par une dépendance des pays du Tiers-Monde exportateurs de pétrole. La crise, que nous connaissons depuis 1973, connaîtrait alors son apogée puisque tout ce qui touche les USA nous touche également tôt ou tard. Il me semble que c'est ce dernier point qui explique la raison majeure de la guerre en Irak.


Si vous voyez d'autres aspects du gâchis qu'est cette guerre que je n'ai pas mis en valeur, faites moi en part. Je vous invite à participer au mouvement anti-guerre pour signifier votre dégoût face à ce conflit impérialiste. Pour ma part, j'ai participé avec 600 personnes à une marche pour la paix de 27 km reliant Louvain à Bruxelles il y a deux ou trois semaines.

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Tourtaux Jacques 13/10/2008 11:16

Très juste et très bon article.

Liberal 02/04/2008 15:19

Tu sembles oublier l'aspect humain. 4000 soldats américains tués et des centaines de milliers d'irakiens.

dago 02/04/2008 16:54



Salut,

comme tu as pu le lire dans mon texte, je n'ai pas oublié les victimes de la guerre mais je pense que le terme "humain" ou tout ce qui ressemble à de l'"humanisme" n'est pas correct car manquant
de sens et de justesse scientifique. J'ai donc pensé que la meilleure place pour cet argument est l'(im)popularité en politique.

Bien à toi.