Raspoutine est mort ! (II)

Publié le par dago

Dans le but de propager au plus vite et de manière la plus efficace la vérité sur le fasciste qu'était Soljenitsyne, adulée par les médias et nombres d'intellectuels, je publie ici un texte qu'un copain d'un des groupes de Comac-ULB m'a envoyé, que j'ai trouvé très bien fait. J'ai juste rajouté des photos pour illustrer ses propos.
J'ai encore pu constater à quel point le personnage était réactionnaire en regardant une interview des années '80 que France2 diffusait à l'occasion de sa mort. Devant un journaliste stoïque, on ne pouvait qu'être médusé et furibard d'entendre cet hystérique s'exciter sur le manque de chrétienté de Solidarnosc (mouvement contre-révolutionnaire polonais), la lenteur que les Américains ont mis avant d'armer les Contras au Nicaragua (milices fascistes) ou encore le besoin urgent d'intervenir militairement dans la petite île de Grenade, accusé à tort d'être sous le contrôle soviétique. J'étais tellement énervé que je suis parti.
J'avoue n'avoir que rarement éprouvé autant de dégout et de répugnance face à un intellectuel.

Alexandre Soljenitsyne
 

Il vient de mourir, le monde pleure une grande perte…le monde ? Reste-il encore a définir le « monde », mais il est clair que je ne fait pas partie des personnes attristées par la disparition de cet écrivain-romancier. Soljenitsyne n'est pas un esprit que j'apprécie, sa pensée me fait peur tant par son conservatisme que par son racisme. La lutte contre le communisme a très largement contribué à cacher le fondement profondément réactionnaire de sa pensée. Je me permets ainsi de vous délecter de quelques citations commentées…

La Russie ?!? Uniquement les Slaves...
 

Sa vision de a Russie se fonde ainsi sur une vision ethnique et raciste. Son texte  plus intéressant à ce propos est « comment reconstruire la Russie ? ».  Un article dans l'humanité de 1990 nous en donne un bon résumé :

« Pour Soljenitsyne, seul importe le salut de la grande Russie slave, englobant les peuples russe, biélorusse et ukrainien. Il faut choisir entre « l'empire qui nous perd et le salut physique et moral de notre peuple », ne pas laisser se perdre « le visage sans pareil des Russes ». D'où la nécessité de se délester des républiques baltes, caucasiennes, moldave et asiatiques. L'écrivain n'entend pas donner aux Kazakhs l'intégralité du Kazakhstan actuel. Si certaines républiques refusent de quitter l'URSS, « nous serons obligés de déclarer notre séparation d'avec elles »[1].

Les tsars ?!? C'était merveilleux !
 

Bien que l'intégration des « races non Russes » dans la Russie par les Tsars est une grosse « erreur » du Tsarisme (Soljenitsyne, reproche au fond, aux tsars de n'avoir pas été racistes…), la vie avant la révolution de 1917 était son idéal. Ainsi, sous les Tsars, la Russie était « un pays riche et florissant ». « D'un état florissant, nous avons régressé jusqu'à une semi-sauvagerie ». « Il faut comprendre qu'après tout ce qui faisait à juste titre notre fierté, notre peuple a consenti à la catastrophe spirituelle de l'an 1917 ». La plus part de ses références intellectuelles sont d'ailleurs, des penseurs Tsaristes…

Les femmes ?!? Au foyer ! 

Non content d'être raciste, Soljenitsyne est aussi misogyne… Nous nous délecterons de ces quelques passages…
 

« La famille est « le maillon essentiel de notre salut… La femme doit avoir la possibilité de revenir au foyer pour l'éducation des enfants, le salaire de l'homme doit le permettre ». L'école est à reconstruire et « il faut s'attendre à des établissements privés payants ». Au bout du compte, on aura reconnu la trilogie de tous les systèmes réactionnaires : « travail, famille, patrie »[2].

La démocratie ?!? Trop dangereux…

La démocratie, c'est bien…mais bon c'est dangereux, les gens pourraient faire n'importe quoi…Le peuple veut avant tout un ordre stable, pas le pouvoir de décider…

« Le peuple a droit indiscutablement au pouvoir, mais ce que veut le peuple… ce n'est pas le pouvoir, mais avant tout un ordre stable. »

En réalité, la démocratie l'effraie au point d'envisager une tierce chambre faite « d'une minorité expérimentée et cultivée », qui empêchera « le libre débordement de la démocratie. »[3]

N'oublions pas non plus comme nous le rappelle Jean Luc mélanchon, une des visites en France du grand écrivain :

« J'ai de la mémoire. Soljenitsyne en visite en France, à l'occasion d'une cérémonie de circonstance à l'invitation de monsieur De Villiers, déclara dans son discours que la  devise de notre république, « liberté-égalité-fraternité »,  était « intrinsèquement perverse ». »[4]

Les états unis ?!? Pas assez fascistes ! 

Je vous recopie ici quelques extraits de discours qu'il a prononcé aux USA…édifiant...

Tout d'abord, les USA vus par Soljenitsyne :

«Vous êtes le pays de l'avenir. Vous êtes un pays jeune. Un pays ou tout est encore possible. Un pays de grands espaces géographiques. Mais aussi d'espaces de l'âme. De générosité. De magnanimité. Cepedant, tout en étant forts, généreux, magnanimes, vous etes aussi confiants. » [5]

« Qu'ils le veuillent ou non, les Etats-Unis d'Amérique sont aujourd'hui a la pointe de l'histoire ; ils ont la lourde responsabilité de diriger sinon le monde, du moins une bonne partie de celui-ci,… »[6]
 

Suite a la révolution des œillets au Portugal, la dictature Fasciste de Salazar tombe, c'est, me semble il, une victoire pour la démocratie…pour Soljenitsyne, il en va autrement : « le Portugal, a son tour, roule vers le précipice… »[7]. La fin de la guerre au Vietnam est également un drame :

« Nous ne pouvions comprendre l'inconsistance de cette armistice conclue au Vietnam, (…). L'opération a aussitôt été récompensée par le prix Nobel la Paix. Quelle tragédie et quelle ironie que ce prix-là. »[8]

 Si la fin de la guerre au Vietnam est une tragédie, ne parlons pas des guerres qu'on a pas menées directement ou qu'on a perdu, les dicteurs fascistes qu'on a « abandonnés ».

« Abandonnons la Corée (…). Abandonnons le Portugal, bien sur. Abandonnons Israël. Abandonnons Taiwan, les philippines, la Malaisie et une dizaine de pays africains pourvu que nous vivions en paix (…) »[9]
 

Ici, Soljenitsyne reproche directement aux Etats-Unis de ne pas faire plus la guerre, qu'au nom de la paix, on abandon tous ces pays au « totalitarisme ». Autant dans les luttes pour l'indépendance face au colonialisme, que contre les dictatures, Soljenitsyne prendre toujours, la défense des dictateurs, des oppresseurs et de l'ordre établi. 

Concluons avec Mélenchon, « Je dis que le départ de Soljenitsyne ne manquera pas à la pensée de notre temps. Soljenitsyne était une baderne passéiste absurde et pontifiante, machiste, homophobe, et confis en bigoteries nostalgiques de la grande Russie féodale et croyante. Je n'oublie pas. Je ne pardonne pas. »


Soljenitsyne est mort, vive … non…il est mort et c'est bien ainsi !


[1] Serge Leyrac, L'humanité, « Le rêve de la grande Russie » 28 septembre 1990

[2] ibidem.

[3] Ibidem.

[4] Jean Luc Mélenchon, « pompes funèbres » (sur son blog personnel : www.jean-luc-melenchon.fr)

[5] A. Soljenitsyne, « discours Américains », éditions du seuil, « points », Paris, 1975, p. 45

[6] Ibid, p.86

[7] Ibid, p. 25

[8] Ibidem.

[9] Ibid, pp. 26-27

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cdrm 11/01/2009 19:22

Bonjour,
Je trouve intéressant votre blog.
J’y reviendrais.
J’en ai un où l’on aborde les questions :
D’actualités, économiques, politique, sociales…
Bonne continuation pour la nouvelle année.

P.S. :
Si vous le souhaiter, vous pouvez rejoindre ma « communauté de blogs », y publier vos articles et participer au FORUM de la communauté.

Iron 30/08/2008 16:56

On sera en tout cas d'accord sur deux choses : Ce mec était un bon gros facho, et l'interview de Bernard Pivot est nauséabonde (d'ailleurs j'ai arreté en chemin aussi, apres une demi heure)

arnaud 06/08/2008 10:14

Et tout est dit sur le billet suivant d'un blog de libération.fr: http://cinoque.blogs.liberation.fr/waintrop/2008/08/luis-bunuel-et.html. Soljenitsyne est remémoré non pour ses prises de position après son exil, mais pour ce qui a causé son exil en premier lieu.

dago 06/08/2008 23:23



Tu auras remarqué dans mon article que Libération n'est pas vraiment une référence pour moi. :-s
C'est bien à "gauche" qu'on retrouve les pires anticommunistes.



Stan 06/08/2008 09:30

Bon résumé. J'aime aussi l'article de Melenchon