Qu'est ce que le PTB aujourd'hui ?

Publié le par dago

Aujourd'hui, j'aimerai décrire et peindre le portrait du Parti du Travail et de sa situation politique actuelle à l'occasion du meeting de clôture de son 8e congrès dimanche passé. C'est un parti encore très malconnu, sur lequel on tient beaucoup de préjugés injustes mais qui grâce aux changements de méthodes, dans sa façon d'aborder les gens par exemple, a su surmonté ses problèmes internes ou externes grâce à une méthode de réfléxion et un dynamisme qui envirait beaucoup de partis politiques traditionnels. Mon but ici n'est pas de convaincre avec des arguments mais de préciser et rectifier certaines réalités sur la plus importante formation communiste en Belgique.
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Quelle est la nature du PTB ?

Le Parti du Travail de Belgique/Partij van de Arbeid est le plus grand parti de la gauche radicale belge. Lors de son dernier congrès, il a réaffirmé son identité communiste, car depuis sa fondation en 1979, le PTB se base sur le marxisme-léninisme, c-a-d une méthode pour construire un état où l'économie sera déterminé et planifié pour et par les travailleurs. Malgré son idéologie, le parti ne croit pas en une "recette miracle" et ne se base pas sur un modèle de socialisme comme la Chine ou l'URSS, bien que cela ne veut pas dire qu'il rejette sur le mouvement communiste internationale et son énorme expérience.
Il faut aussi ajouter que c'est le dernier parti national en Belgique et qu'il s'oppose à l'absurdité du fédéralisme. Lors du 7e et 8e congrès, le PTB/PVDA a défini sa devise : "Un parti de principes, un parti souple, un parti de travailleurs".

De nouvelles méthodes

Le Parti du Travail veut être un parti communiste comptemporain et moderne qui colle aux aspirations des couches laborieuses de notre société. 45e99a2c93.jpgC'est grâce à de nouvelles méthodes que le parti a su développer de manière exponentielle sa popularité via les élections et son nombre de membres. Ces nouvelles méthodes proviennent d'une réfléxion et de nombreuses discutions qui ont suivi la désastreuse campagne de 2003 où le parti a obtenu un tiers de son objectif en s'alliant avec la ligue arabo-européenne du nationaliste Abou Jajah.
Par exemple, maintenant, il y a trois dynamiques pour être membre du PTB. D'abord, il y a le membre consultatif qui paie une cotisation annuelle de 20 euros, reçoit le journal du parti et participe à deux assemblés de membres par an. Puis il y a le membre organisé qui paie une cotisation mensuel déterminé par son salaire et qui se rend à des réunions de groupes de base, de cellules, régulièrement. Et enfin, il y a le militant qui a la particularité de devoir accomplir une tâche fixé par le parti (comme être responsable d'une cellule).

Un parti en pleine croissance avec de grandes ambitions

Le PTB/PVDA en mars 2008 compte plus de 3 000 membres, réparti dans 40 villes et communes de Belgique. Il est implanté dans 120 entreprises du pays via des cellules de travailleurs mais on retrouve aussi ses membres chez les agences de l'Etat, chez les fonctionnaires, les chômeurs et encore les étudiants.
Le parti a connu une évolution sensible ces dernières années : en 2005, le parti comptait 1 900 membres ; en 2006, 2 400 : en 2007, 2 800 et en mars 2008, 3 000. Le parti souhaite continuer ce développement de manière stakhanoviste : 3 500 en juin 2008, 4 000 en 2009 et 5 000 pour 2010.
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Sur le plan électoral, le nombre de conseillers communaux du PTB/PVDA est passé de 5 à 15 lors des élections communales de 2006. Le parti obtient des scores de 5 à 22% dans 8 communes belges (Zelzate 6, Herstal 2, Hoboken 2, Seraing 1, La Louvière 1, Lommel 1, Genk 1, Deurne 1) mais détermine aussi de bonnes bases pour l'avenir comme à Molenbeek (2,9%), à Bogerhout (2,37%), à Charleroi (2,1%), Anvers (1,85%). Le PTB détient également trois sièges de conseillers au CPAS (Herstal 1 et Zelzate 2).
Le PTB s'est noyé dans une eau trop profonde pour lui lors des dernières élections législatives en juin 2007 avec 0,87% des voix, même si il augmente de près de 20 000 voix (55 000 contre 36 000 en 2003).
Le parti n'ose pas espèrer un député régional pour 2009 ou un sénateur pour 2011 mais compte concrétiser une percée importante en augmentant ou en multipliant le nombre de conseillers communaux du parti pour 2012.

Si la dynamique actuelle du parti continue à augmenter, de manière comparable à une courbe positive, j'estime que ces objectifs seront atteint largement et rapidement à la condition que le parti adapte ses capacités et ses structures en fonction de ses nouveaux adhérents.

Plusieurs organisations aident le parti

Le PTB a su se développer grâce à une série d'organisations sociales et politiques qui ont leur propre direction.

La plus importante est Médecine pour le Peuple, une asbl réunissant 11 maisons médicales qui pratiquent la médecine gratuite pour 25 000 patients, ce qui oblige les médecins à vivre avec un salaire d'ouvrier.
Il y a aussi Intal, une organisation de médecins qui travaillent en permanence à Cuba, Congo, Palestine et Phillipines (et organise des missions déterminées au Vénézuela, Bolivie, Colombie, Irak, Liban, ...).
Des médecins pour le Peuple ont lancé le Centre d'Action pour la Santé des Travailleurs à Seraing et à Anvers qui mènent une lutte juridique contre les accidents de travaux à responsables.
Le parti a aussi développé les moyens pour une justice sociale, Progress Lawyers Network, trois cabinets d'avocats qui traitent les problèmes de petites personnes.
Marianne, l'organisation des femmes du PTB, mènent toutes sortes de campagnes féministes.

155fc0a809.jpgLe mouvement de jeunes du PTB, Comac, connaît lui aussi un développement important en dépassant la barre des 500 membres en février et espère en optenir 600 pour son 2e congrès au mois d'avril. Ceux-ci sont partagés en deux principaux secteurs que sont les écoles (150) et les universités (350). Il faut d'ailleurs préciser que Comac fonctionne de manière autonome du PTB avec sa propre direction.

Fire Gym est un centre sportif de Moleenbeek (Bruxelles) qui travaille surtout avec des jeunes de quartiers difficiles (formation pour devenir animateurs sportifs et collaboration avec les chauffeurs de bus) et des enfants handicapés sous la devise «Sport pour le peuple».
Les Pionniers, l'organisation enfantine du PTB, fonctionnent comme les scouts et organisent des camps bi-annuels.

Deux groupes de réflexions marxistes belges travaillent pour le PTB : l'Université marxiste et Etudes Marxistes (revue trimestrielle). Son hebdomadaire, Solidaire, est vendu de 4000 à 7000 exemplaires par semaine.

Une révolution médiatique

En Belgique, la réalité est que si un parti politique ne passe pas à la télévision, il n'existe pas pour le plus grand nombre de citoyens et n'a aucune chance de succès. Ainsi le PTB a toujours reçu le mépris des journalistes et une sorte de "cordon sanitaire médiatique" a empêché le parti de se faire connaître via les médias.
Mais depuis maintenant deux ans, la rénovation et les nouvelles méthodes du parti ont réussi à percer le premier front de ce "blocus médiatique" grâce à des journaux locaux et à la "presse papier". Cela a commencé par des articles signalant le PTB dans des feuilles de choux comme la Meuse (quotidien provincial le plus lu de Liège), puis un portrait d'une page dans le Soir (quotidien régional de centre-gauche considéré comme la meilleure qualité)  et des reportages sur des actions dans des petits journaux télévisés locaux lors des élections communales de 2006 qui ont continué à suivre les actions du parti après les élections. Evidemment, le fait d'avoir quinze conseillers communaux donnent de l'importance au parti.
L'important est que ces articles soient réguliers. Ainsi j'estime à vu de nez que la Meuse parle du PTB au moins une fois toute les deux semaines, le Soir au moins une fois tout les mois, La Libre Belgique au moins une fois tout les deux mois. Une certaine fidélité de plusieurs journalistes commencent à se faire resentir. Malheureusement, la "révolution médiatique" du PTB n'a toujours pas percé au plus niveau le plus important : la télévision. J'avais cru que la RTBF oserait faire le pas lors du meeting de clôture du congrès le 2 mars mais ne l'a pas fait, même si ils ont filmé quand même (peux-être prépareraient-t-ils un reportage complet ...).

Je précise que le parti est un accès un tout petit peu plus facile aux médias en Flandre et des personnalités du PTB comme le nouveau président, Peters Mertens, ou Dirk Van Duppen ont su passer sur la VRT ou sur Canvas au nom du parti.

1e photo : petite brochure évoquant les priorités du PTB pour l'année 2008-2009
2e photo : Peters Mertens, le président, et Raoul Hedebouw, le porte-parole du parti. Ce sont les deux personnages les plus importants et les plus emblématiques du PTB/PVDA.
3e photo : les points rouges sont les conseillers communaux du PTB localisés près de leur commune.
4e photo :  1500 personnes étaient réunis pour assister au meeting de clôture du 8e congrès du PTB dont 200 invités du monde syndical, culturel, associatif, politique et journalistique.

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Bob le bricoleur 12/05/2009 10:09

Lénine ne doit pas se retourner dans sa tombe, puisque "le PTB est marxiste mais plus communiste" (c'est pas moi qui le dit c'est eux dans la presse).
Après les dernières élections dans le journal du mardi leur président c'est dit "complètement réformiste", je pense qu'aux prochaines élections il ne se diront plus marxiste mais socialiste... puis social-démocrate... et ainsi de suite...

Bonne journée !

Tietie007 02/05/2009 18:24

Enfin bon, Lénine a du se retourner dans sa tombe, en 2003, avec l'alliance du PTB et de la Ligue Arage Européenne, suivant le vieux principe suntzuien :
"L'ennemi de mon ennemi est mon ami" !

Au fait, quelle est la position du PTB sur les attentats du 11/09 ? Attentat islamiste ou conspiration intérieure étatsuniennes ?